Debout les 55 ans et plus!

Les changements sociaux survenus au Québec comme au Canada, les conditions de vie et de travail que nous avons aujourd’hui, les mesures de solidarité sociales qui nous protègent tous de la naissance (allocations familiales, hospitalisation) à la mort, ne sont pas tombées du ciel. Des luttes sociales difficiles soumises aux répressions politiques et policières ont du être menées par les femmes, les travailleurs, les syndicats, les étudiants, les autochtones, les locataires et autres. Plusieurs ont fait de la prison pour leurs convictions et leurs valeurs, comme Madeleine Parent et Michel Chartand. Et toute la population en a profité, même ceux qui regardaient passer la parade. Avant ces luttes de justice sociale nous étions très vulnérables. Une maladie grave, un accident au travail, une perte d’emploi, un handicap physique ou intellectuel, une dépression, une naissance en milieu pauvre et c’était la catastrophe. Avenir bouché. «Navré! T’es pas dans le 1%»

Quand je lis dans les journaux que les 55 ans et plus appuient le gouvernement à 68%, je ne comprends pas. Avez-vous perdu la mémoire et le bon sens? Vos pensions et tous les services accessibles par la redistribution de nos impôts nous les devons à des citoyens comme ces étudiants et d’autres qui marchent et prennent des coups parce qu’ils ont une conscience allumée et s’en servent. Les gouvernements n’en ont rien à cirer de votre bien-être. Ils sont à la solde des grandes corporations et des affairistes. Y a pas eu assez de scandales ces dernières années pour vous ouvrir les yeux? Sortons des raisonnements simplistes qui ne parlent que de comptabilité-maison et non des enjeux de fond comme le genre de société que nous voulons. Individualiste ou solidaire? Depuis des années nous reculons avec les libéraux qui dilapident au profit du privé les acquis d’une société qui se voulait plus équitable et plus démocratique. Avant les années de la révolution tranquille, les compagnies et leurs alliés au pouvoir faisaient la pluie et le beau temps. Ce n’était pas le bon temps. Mon père travailleur journalier s’est levé et tenu debout avec d’autres pour défendre sa dignité et ses droits. A 68 ans, je me souviens toujours. Je suis très fier de ces étudiants courageux et je marche avec eux. Alors que les nuages de la répression juridique s’amoncellent, appuyez-les en paroles, en actes et en carrés rouges.

Gérard Laverdure