Je Condamne!

par Jean Francois Caron

je condamne

la violence, l’intimidation
aussi le vandalisme
vous voulez que je les condamne, Madame,
je les condamne

je condamne

19 avril, Université du Québec en Outaouais. Un étudiant matraqué est soigné par d’autres étudiants. (source: facebook, Jeff Macaron)
les matraques, le poivre dans les yeux

les grenades assourdissantes
l’intimidation armée
le rudoiement
l’encerclement
cette intimidation
et je condamne
les menottes aux poignets de nos enfants
de leurs professeurs
de leurs sympathisants
le sang sur leur front
les larmes dans leurs yeux
les cris dans leurs gorges

et je condamne

les violences financières
l’usurpation singulière
le réflexe de détournement
de « ceux qui volent avec leur plume »
qui se masquent de leurs tours
ceux que le poivre n’atteint jamais
oui, je condamne
l’atteinte par intérêt
par profits collatéraux
le vol par l’évasion
des impassibles maîtres du jeu
de l’économie fiction

je condamne

les discours insensibles
la discrimination classiale
la valorisation de l’inculture

je condamne

la corruption, la malversation, la collusion

et je condamne

la violence
de l’entêtement assumé, l’ignorance dirigée
celle-là même qui fonde le chaos

je condamne
le mensonge, le salissage
des écraseurs de conscience
des dé-penseurs
des brûleurs de fierté
des étouffeurs de générations

vous voulez que je condamne, Madame,
je le fais
je condamne
tout ce qui est condamnable
je le condamne

faites de même, Madame,
faites de même

Jean-François Caron
écrivain

3 thoughts on “Je Condamne!

  1. Même lorsqu’on se bat pour une cause noble, on a le droit de respecter les droits d’auteurs, vous savez. Si les gens du 99% se pillent les uns les autres, ils ne feront pas mieux que ceux du 1% qui l’ont fait pour devenir aussi riches. Le vol et le partage ne sont pas des synonymes.
    Je me permettrai donc de vous faire remarquer que sur mon blogue, à proximité de ce texte que vous avez reproduit, justement sous le titre “tous droits réservés”, porte cette mention:
    “Veuillez noter que même si les textes diffusés sur ce blogue sont écrits avec beaucoup d’amour et partagés tout à fait gratuitement, ils ne sont pas libres de droits. Leur reproduction est donc interdite, à moins d’une entente préalable avec leur auteur.”
    Il ne me semble pas que nous nous soyons entendus à ce sujet. En toute franchise, il me fait plaisir de vous donner la permission de le reproduire sur votre blogue, c’est le moins que je puisse faire pour appuyer votre mouvement. Plus nous serons à condamner, mieux ce sera. Notez toutefois que tant qu’à reproduire un texte, vous auriez pu prendre la peine de le relire. La mention “19 avril, Université du Québec en Outaouais. Un étudiant matraqué est soigné par d’autres étudiants. (source: facebook, Jeff Macaron)” ne faisait évidemment pas partie du poème.

    • Merci pour ta commentaire! Je m’excuse pour poster sans permission, il y a trop de jobs et pas assez de gens responsables, alors je m’excuse pour pas bien lire tout droits respecter. J’ai bien essayer a te donner assez de credit (les liens vers ton site et ton nom) et j’espere de te donner un peu de ‘fame’ avec ca! Merci encore pour ton contribution, je l’ai beaucoup aimer! :)

      • Oh, je ne cherche pas la reconnaissance, même si j’apprécie que vous ayez fait un lien vers mon blogue et mentionné mon crédit. C’est surtout une belle chose que la poésie puisse avoir des échos dans le réel, qu’elle soit incarnée dans un combat comme le vôtre. À cela, je lève mon chapeau.
        Mais j’aimerais bien que vous retiriez la phrase “19 avril, Université du Québec en Outaouais. Un étudiant matraqué est soigné par d’autres étudiants. (source: facebook, Jeff Macaron)”, qui ne fait pas partie du poème.
        Merci d’avance.

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